Dimanche soir, premier repas seul dans mon studio, je me fais un steak avec beaucoup trop d'huile, mes plaques sont baptisées (à jamais).
Rentrée. 9 heure, un lundi matin. Je me pointe en retard (évidemment) et monte avec ma classe sans trop savoir le pourquoi du comment.
Je me retrouve assis à côté d'une fille tout à fait charmante, je ne reconnais personne dans la classe, je suis bel et bien en territoire inconnu.
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Valence c'est finit, deux ans, je n'ai rien vu passer. Impression vertigineuse de vitesse quand je regarde en arrière.
j'ai profondément changé, au grès de mes expériences et de mes discussions. Passer deux ans avec les même personnes ça forge quelque chose d'assez profond, qui va au delà de la simple amitié. C'est
un attachement affectif, des milliers de souvenirs en commun, beaucoup de rires et d'absurdités, des déceptions aussi. Tout prend une dimension considérable, vivre ensemble ça exacerbe, mais ce
sont justement ces passions là qui donnent cette force. Je suis partis de Valence le cœur vide, blindé contre toute émotion superflue, ce serait trop dur. J'ai même essayé de détester les gens.
Finalement, je suis partis dans le plus simple dénuement passionnel, rendant la déchirure naturelle et nécessaire. Ca a été mon moyen à moi de partir, je déteste les au revoir, surtout quand ils
sont enveloppés d'une putain de nostalgie larvée, irrésistible mais cruelle.
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Je discute avec elle, un truc de courtoisie. Et en fait, il se trouve que c'est ma voisine. Juste la porte à côté de la mienne, c'est hallucinant. Bref, on la matinée se passe, on nous file nos
emplois du temps qui nous permettent de nous rendre compte d'une chose : on ne va pas s'ennuyer. Et on peut oublier les 35 heures, ça sera beaucoup plus.
Les secondes années font quelques incursions informelles dans la classe, je découvre la carrée qui va s'occuper de moi les deux premières semaines, ça met de l'ambiance, ça déride un peu et c'est
pas plus mal.
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Alors je suis partis, j'ai quitté la vie que je m'étais forgé depuis deux ans et toutes mes habitudes avec l'angoisse d'avoir à tout refaire. Après le bac j'étais excité à l'idée de partir
ailleurs, changer de vie et découvrir l'indépendance. Désormais c'est la lassitude qui m'envahis. Devoir tout recommencer, son histoire, ses amis, ses habitudes, alors même que tout se passait
bien. J'ai un arrière gout d'injustice dans la bouche, et je ne peux en vouloir à personne.
A Valence j'avais un groupe de potes assez formidable et riche de toutes les histoires et les individualités qui le composait. Ce groupe existe toujours évidemment, je parle de lui au passé en
anticipation de l'année prochaine. Et aussi un peu pour m'y habituer. En fait je voulais parler des gens séparément mais je me rend compte que c'est impossible, trop intime. Tant pis. Peut être un
autre jour si j'y arrive.
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Premier repas au resto U, je m'y rend avec Carole, ma cops de place du premier jour. On fait la connaissance d'un gars derrière nous dans la file et qui est également dans la classe. Il est aussi
pomé que nous et ne connait personne.
On se pose les questions habituelles, le genre de truc dont on se fout un peu mais qui permet de débuter une conversation. "T'as eu la mention ?" "Tu viens d'où?" reviendront toute la semaine.
On mange ensemble et on s'entend plutôt bien, le gars s'appelle Clément, il a 21 ans, très smart dans le style.
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L'année prochaine donc une autre vie débute, et je le subis plus qu'autre chose. Un côté positif réside cependant dans l'expérience que j'ai acquis à Valence, j'ai cent fois plus à offrir et à
partager aujourd'hui qu'il y a deux ans. C'est la théorie du moindre mal mais on se console comme on peut.
C'était la chronique désordonnée de mon départ Valentinois, écrite dans la fatigue post-soirée de mes 20ans. Anniversaire surprise, j'en dirais plus la prochaine fois.
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20.09.06 Une soirée en compagnie de Clément et Carole, les deux C, à (tenter) de faire le dm et à reparfumer l'appartement de cigarette, de dior et d'encens. Tout un programme. Une carbonara pour
la route, beaucoup de rires, de visites à l'improviste, de services, peu de temps pour moi finalement. Une belle vie, malheureusement beaucoup trop courte pour l'instant. Il me faut des journées
plus longues, pitié. Je ne tiendrais pas, sinon.
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et bien en fait, j'ai tenu.
ME FOUT LES LARMES AUX YEUX TON ARTICLE